Article paru dans AMUSEMENT n°3
Quand le rappeur au sang chaud donne de son image pour un jeu vidéo, il choisit Saints Row 2. Univers freestyle et dialogues souvent ironiques : nous avons voulu savoir si Booba soutenait la comparaison avec le jeu. Pas certain…
Guerres de gangs, voitures bling bling et gros calibres : l’univers de Saints Row 2 est à déconseiller à la rive gauche parisienne. Cinq ans après le cliffhanger final du premier épisode et un coma plus tard, notre héros retrouve les recettes qui sont désormais la patte de la série: des missions variés, une sensation de liberté poussée au maimum, et l’infini plaisir de se prendre pour un caïd. Grande nouveauté, l’apparition d’un mode multijoueur permet d’étendre la durée de vie, d’une quarantaine d’heures tout de même pour la partie solo. Entre deux parties nous avons essayé de faire commettre un crime à Booba… sur notre journaliste.
En deux mots comment vous décririez les similitudes du milieu du rap et l’univers de Saints Row ?
Le rap vient de la rue, des banlieues et des quartiers. C’est un milieu marginal, avec de l’argent facile à se faire. Même faire du rap, c’est un pur moyen de gagner de l’argent sans se lever tous les jours à 8 heures du matin.
Quelle est votre avis sur la violence du jeu ?
Qu’il soit violent ne me choque pas du tout : c’est un jeu vidéo. Au contraire, elle permet de se défouler. C’est une bonne thérapie, elle soulage !
Enfin il y a un vrai risque tout de même ! Vous ne pensez pas que ça risque d’avoir une mauvaise influence sur certaines personnes qui seraient tentées de l’imiter ?
Les gens sont plus intelligents que ça ! Quand ils vont au cinéma voir un film de guerre, le lendemain, leur première réaction n’est pas de sortir de chez eux une Kalachnikov à la main pour recréer la Seconde Guerre Mondiale. D’autant plus que le jeu est interdit aux moins de dix-huit ans : les parents sont avertis. Ils ont le choix d’acheter le jeu ou pas à leurs enfants.
Vous savez que Bouba est le nom d’un petit ourson ? C’est le jour et la nuit avec Saints Row !
Booba ne vient pas du dessin animé, mais fait référence à mon cousin sénégalais du même nom. Mais j’en ai joué après. On m’a tellement fait la vanne pourrie « Bouba, Bouba, mon petit ourson » que j’ai samplé une phrase du dessin animé dans mon album Panthéon. Ensuite, au moment de créer mon label, j’ai choisi le nom de Tallac records en référence à la montagne où vit Bouba.
En quoi a consisté votre collaboration avec l’équipe du jeu ? Vous n’apparaissez même pas dans la bande son du jeu. C’est un peu léger non ?
Je suis associé à Saints Row par rapport à ma ligne de vêtements. Un pack téléchargeable permet de s’habiller en jeu en Ünkut. Il s’agit de la nouvelle collection, ce sont des habits qui sont en vente dans la vraie vie. Le concept a très bien marché avec Saints Row 1, on a eu de très bons retours, alors on a décidé de continuer sur le 2.
Je devais faire un morceau pour le jeu, mais j’étais en plein dans mon nouvel album et n’ai pas pu faute de temps. Il s’appelle 0.9 et sort le 24 novembre. C’est le référence au degré de pureté de la cocaïne, j’ai fait un parallèle avec la musique. Le premier single est sorti début octobre, il s’appelle Illégal.
Vous n’avez pas l’impression de vous enfermer dans un stéréotype du ganster-rappeur en faisait la promotion de ce jeu ?
On ne m’a pas appelé pour faire la promotion de Ratatouille non plus, j’ai pris ce qu’il y avait à prendre ! Je pense qu’il y a une logique. Il fallait quelqu’un qui corresponde à l’image du jeu. Je n’ai pas été surpris qu’on m’appelle, je ne pense pas que c’est m’enfermer dans un stéréotype.
Maintenant, si on m’appelle pour autre chose, je suis ouvert. Si un jour je fais du cinéma, je ne serais pas obligé d’avoir le rôle du rappeur, je peux être un autre personnage.
Honnêtement, qu’est ce que vous avez aimé dans Saints Row 2 ?
Avoir le choix dans les missions. Il y a beaucoup de choses possibles à faire en jeu, toutes sortes de véhicules et d’armes, un monde souterrain… Tout est possible. Au début par exemple, il faut s’évader de prison, mais il y a plusieurs manières d’y arriver. Chacun joue le jeu à sa façon. Moi par exemple, je bourrine, je tire sur tout ce qui bouge… Je vais vite, mais du coup je bâcle un peu !
Vous êtes aussi cruel dans la vraie vie ?
Même en voulant, j’aurais du mal ! Par nature, je suis quelqu’un de juste. Je suis gentil si on est gentil avec moi.
Vous pensez à vous ranger quand même un de ces jours, et avoir une vie un peu plus tranquille ?
Je suis calme ! Tout le monde peut s’embrouiller dans la vie, sortir demain dans la rue et avoir une altercation. Sauf que moi, je suis un personnage public. Résultat, on en parle. Mais à la base, je suis calme : je ne cherche pas le désordre, c’est le désordre qui me cherche.
Saints Row offre de grandes possibilités de personnalisation. A quoi ressemble votre personnage en jeu ?
T’es en slip quand tu fais la customisation de ton personnage, donc je me suis customisé en slip ! Je n’ai rien pu lui mettre comme accessoires pour le moment. A la fin de Saints Row 1, le bateau du personnage principal explose. Dans le 2, il se réveille du coma, en prison, en tenue de tolard. Si j’avais des crédits illimités, je ferais mon personnage assez costaud, peut-être avec une belle montre et une chaîne. Le tout c’est de rester simple, pas comme Mister T.
Une dernière question : vous êtes sur que vous auriez une place dans un vrai gang ?
Je me verrais bien en deuxième homme. Faire ce que l’on te dit. Exécuter les ordres. Ne jamais chercher à comprendre. Enfin… Si j’étais dans un vrai gang !
Saints Row II / THQ / Disponible PS3, Xbox 360, prévu sur PC en 2009



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